Une étude publiée dans The Lancet marque une étape importante pour l’oncologie chinoise. L’essai de phase 3 HARMONi-6 montre que l’ivonescimab, un anticorps bispécifique développé en Chine, améliore la survie globale lorsqu’il est associé à la chimiothérapie chez des patients atteints d’un cancer du poumon (non-small lung) avancé, non encore traité par thérapie systémique.
L’ivonescimab cible simultanément PD-1 et VEGF, deux voies importantes dans le développement tumoral. La première est liée à l’échappement immunitaire des cellules cancéreuses, tandis que la seconde favorise la formation de nouveaux vaisseaux sanguins nécessaires à la croissance de la tumeur. En combinant ces deux mécanismes dans une seule molécule, le traitement vise à renforcer la réponse immunitaire tout en limitant l’alimentation vasculaire de la tumeur.
L’étude a inclus 532 patients en Chine, répartis entre ivonescimab plus chimiothérapie et tislelizumab plus chimiothérapie. Lors de l’analyse intermédiaire, la survie médiane globale a atteint 27,9 mois avec l’ivonescimab, contre 23,7 mois dans le groupe comparateur. Le risque de décès a été réduit d’environ un tiers, avec un profil de sécurité jugé maîtrisable.
Ces résultats soutiennent l’ivonescimab comme une nouvelle option thérapeutique potentielle en première ligne en Chine. Ils illustrent aussi la montée en puissance de l’innovation biopharmaceutique chinoise, capable de produire des molécules originales évaluées dans des essais cliniques avancés. Une étude mondiale de phase 3 est déjà en cours afin de confirmer ces données au-delà du marché chinois.


