L’hydrogène vert est souvent présenté comme un pilier de la transition énergétique, car il peut stocker de l’électricité renouvelable et remplacer certains combustibles fossiles. Mais son principal obstacle reste économique : selon l’Empa, l’hydrogène produit par électrolyse de l’eau coûte encore environ deux fois plus cher que l’hydrogène issu de sources fossiles. C’est précisément ce verrou que des chercheurs de l’Empa et leurs partenaires veulent lever.
Dans un projet soutenu par le Fonds national suisse et l’Agence nationale de la recherche en France, l’équipe du laboratoire Materials for Energy Conversion travaille sur les matériaux utilisés dans les électrolyseurs à membrane échangeuse de protons, ou PEMWE. Ces dispositifs sont efficaces et bien adaptés aux fluctuations des énergies renouvelables, mais leur environnement interne est très corrosif. L’acier peut s’y dissoudre rapidement, ce qui impose aujourd’hui l’usage de matériaux coûteux.
Pour réduire ces coûts, les chercheurs explorent des revêtements protecteurs, notamment à base d’oxyde de titane, capables de protéger des composants en acier inoxydable. L’objectif est de remplacer une partie des matériaux rares ou chers par des solutions plus économiques, sans perdre en performance ni en durabilité.
Si ces travaux réussissent à passer à l’échelle industrielle, ils pourraient contribuer à rendre l’hydrogène vert plus compétitif. L’enjeu dépasse le laboratoire : produire un hydrogène propre, fiable et moins cher serait une étape importante pour décarboner l’industrie, stocker les surplus d’électricité renouvelable et accélérer la transition énergétique.


