Une étude menée par l’Université de Genève et l’Université de Lausanne montre que le sang des centenaires contient des signatures biologiques associées à un vieillissement ralenti. En analysant le profil sanguin de personnes âgées de plus de 100 ans et en le comparant à celui d’octogénaires et d’adultes plus jeunes, les chercheurs ont identifié des mécanismes qui pourraient expliquer cette longévité exceptionnelle.
Les scientifiques ont examiné plus de 700 protéines liées notamment à l’inflammation et aux maladies cardiovasculaires. Parmi elles, 37 protéines présentent chez les centenaires un profil étonnamment proche de celui de personnes jeunes, suggérant que certains processus biologiques clés vieillissent beaucoup plus lentement chez ces individus.
L’une des différences les plus marquantes concerne le stress oxydatif, un mécanisme qui accélère normalement le vieillissement cellulaire. Chez les centenaires étudiés, les marqueurs associés à ce phénomène sont nettement plus faibles, ce qui indique que leurs cellules subissent moins de dommages liés aux radicaux libres et à l’inflammation chronique.
L’étude met aussi en évidence un meilleur équilibre métabolique : certaines protéines liées au métabolisme des lipides et du glucose restent stables avec l’âge, tandis que d’autres semblent jouer un rôle protecteur contre les maladies cardiovasculaires ou certains cancers. Les niveaux d’inflammation sont également plus bas, ce qui pourrait contribuer à préserver la santé sur le long terme.
Ces résultats suggèrent que la longévité exceptionnelle repose moins sur l’absence de vieillissement que sur le ralentissement de mécanismes clés, notamment ceux liés à l’inflammation, au métabolisme et à la réparation cellulaire. Les chercheurs rappellent toutefois que la génétique n’explique qu’une partie de la longévité : le mode de vie — alimentation, activité physique et relations sociales — reste un facteur déterminant pour vieillir en bonne santé.


