Face à l’absence de traitement curatif pour la maladie d’Alzheimer, la prévention s’impose comme une priorité croissante. À Genève, médecins et chercheurs développent une approche visant à agir avant même l’apparition des premiers symptômes, en identifiant les personnes à risque et en intervenant précocement sur les facteurs modifiables.
Selon les experts, environ 40% des cas de démence seraient liés à des facteurs sur lesquels il est possible d’agir, comme la sédentarité, l’obésité, la surdité ou les troubles du sommeil. En Suisse, où plus de 160 000 personnes vivent avec une démence, l’enjeu de la prévention est donc considérable.
Un programme pilote lancé à Genève repose sur un protocole combinant activité physique, alimentation adaptée et stimulation cognitive, inspiré d’une étude nordique ayant montré des bénéfices sur les performances cognitives. Destiné aux personnes de plus de 50 ans présentant un risque élevé mais sans symptômes, il s’appuie également sur de nouveaux tests sanguins capables de détecter des marqueurs précoces, notamment l’accumulation d’amyloïde.
L’objectif n’est pas d’annoncer une maladie certaine, mais d’évaluer un risque global en tenant compte de nombreux facteurs : génétique, pollution, traumatismes crâniens, cholestérol ou encore qualité du sommeil. Cette approche permet d’agir en amont pour retarder ou éviter le développement de la démence.
En parallèle, des médicaments ciblant l’amyloïde commencent à ralentir la progression de la maladie chez les patients déjà atteints, mais leur utilisation préventive reste en cours d’évaluation. Les spécialistes soulignent que la prévention reste aujourd’hui l’outil le plus concret pour freiner Alzheimer, en attendant des traitements plus efficaces dans les années à venir.


