Une vaste étude publiée dans The Lancet montre que l’obésité chez l’adulte augmente fortement le risque d’hospitalisation et de décès liés à des infections, toutes causes confondues. En analysant les données de plus de 540 000 participants issus de cohortes finlandaises et de la UK Biobank, les chercheurs ont examiné l’association entre l’IMC et 925 maladies infectieuses différentes, couvrant les infections bactériennes, virales, parasitaires et fongiques.
Les résultats sont clairs : le risque d’infection grave augmente de manière progressive avec le degré d’obésité. Par rapport aux personnes de poids normal, celles présentant une obésité sévère (IMC ≥40) avaient près de trois fois plus de risque d’hospitalisation ou de décès liés à une infection. Même une obésité modérée (IMC ≥30) était associée à un risque environ 1,7 fois plus élevé d’infection sévère. Cette relation dose-réponse a été observée quels que soient l’âge, le sexe ou les comorbidités.
L’association concernait la majorité des types d’infections, notamment les infections respiratoires, cutanées et virales (dont le COVID-19). En revanche, aucune augmentation de risque n’a été observée pour le VIH ou la tuberculose, probablement en raison de mécanismes biologiques spécifiques ou d’effets de causalité inverse.
Au-delà du risque individuel, les chercheurs ont estimé l’impact mondial. En combinant leurs résultats avec les données du Global Burden of Disease, ils estiment qu’environ 9% à 11% des décès liés aux infections dans le monde pourraient être attribuables à l’obésité, avec un pic à 15% durant la pandémie de COVID-19 . En 2023, cela représenterait environ 600 000 décès sur les 5,4 millions liés aux infections cette année-là.
Les auteurs soulignent que ces données élargissent la vision traditionnelle de l’obésité, souvent associée aux maladies cardiovasculaires ou au diabète. Elle apparaît désormais aussi comme un facteur important de vulnérabilité face aux maladies infectieuses, probablement en raison d’une inflammation chronique, d’un dysfonctionnement immunitaire et de perturbations métaboliques.
Cette étude plaide ainsi pour une intégration plus forte de la prévention et du traitement de l’obésité dans les stratégies de santé publique, y compris dans la prévention des infections graves et les politiques vaccinales.


