Acouphènes : et si le cerveau pouvait apprendre à les atténuer en modifiant son activité

Acouphènes : et si le cerveau pouvait apprendre à les atténuer en modifiant son activité

De nouvelles recherches suggèrent qu’il pourrait être possible d’apprendre à réduire les acouphènes en modifiant l’activité cérébrale elle-même, plutôt que de tenter de masquer les sons ou simplement d’en atténuer l’impact. Cette approche se fonde sur une idée simple mais puissante : le cerveau est plastic — c’est-à-dire qu’il peut réorganiser ses connexions et ses schémas d’activité, ce qui pourrait permettre de diminuer la perception du bruit fantôme souvent associé aux acouphènes.

Les acouphènes se caractérisent par des sifflements, bourdonnements ou bruits perçus sans source extérieure. Ils touchent une grande partie de la population et peuvent devenir chroniques et invalidants, affectant la concentration, le sommeil ou le bien-être général.

Une piste prometteuse explorée actuellement est le neurofeedback, une forme de biofeedback où l’on mesure l’activité cérébrale (souvent via EEG ou IRMf) et on la présente en temps réel à la personne concernée. L’objectif est que le patient apprenne, par entraînement et renforcement, à modifier consciemment certains patterns d’activité cérébrale associés aux acouphènes.

Dans ce type d’approche, des équipes de recherche, notamment en Suisse à l’Université de Zurich et à l’EPFL, travaillent sur des protocoles permettant de surveiller l’activité du cortex auditif puis de montrer cette activité au patient sous forme visuelle ou sonore, afin qu’il puisse expérimenter différentes stratégies pour la réguler. L’hypothèse est que si une personne parvient à diminuer l’hyperactivité dans certaines zones cérébrales, la perception du bruit diminuera aussi.

Ce type de recherche s’appuie sur l’idée que les acouphènes ne sont pas seulement un phénomène de l’oreille, mais souvent le reflet d’une activité neuronale anormale dans le cerveau qui peut être modifiable. Cela ouvre une dimension nouvelle dans la prise en charge des acouphènes : au lieu de se concentrer uniquement sur des signaux externes ou des thérapies cognitives traditionnelles, on tente de forcer une forme de réapprentissage cérébral ciblé sur les réseaux neuronaux en cause.

Bien que ces approches ne soient pas encore des traitements standardisés, les premiers résultats indiquent qu’il est possible d’apprendre à influencer l’activité cérébrale pour réduire la charge liée aux acouphènes, et que cette stratégie pourrait compléter ou même améliorer certaines thérapies existantes.

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