Une étude publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) décrit une nouvelle thérapie combinée qui induit une régression complète et durable des tumeurs du cancer du pancréas dans des modèles murins, sans réapparition des tumeurs pendant plus de 200 jours après le traitement. Cette stratégie cible simultanément trois voies de signalisation clés impliquées dans la progression du cancer du pancréas, contournant ainsi l’un des principaux obstacles des traitements actuels : la résistance tumorale.
L’étude se concentre sur le cancer du pancréas ductal adénocarcinome (PDAC), qui a l’un des taux de survie les plus faibles parmi les cancers en raison de son agressivité et de sa forte propension à développer une résistance aux thérapies ciblées. Les chercheurs ont utilisé une combinaison de trois inhibiteurs spécifiques : un agent ciblant directement la mutation KRAS, un inhibiteur de la famille EGFR, et une molécule antagoniste de STAT3. Cette combinaison a conduit à la disparition complète des tumeurs chez les souris, que ce soit dans des modèles orthotopiques (tumeurs implantées dans le même organe que chez l’humain), des modèles génétiquement modifiés, ou des xénogreffes dérivées de patients, sans réapparition tumorale notable et sans résistance évidente sur plus de six mois d’observation.
Ce résultat est particulièrement remarquable parce que la quasi-totalité des cancers du pancréas chez l’humain présentent une mutation de KRAS, ce qui rend cette voie oncogénique un objectif prioritaire pour la thérapie. Cependant, les inhibiteurs de KRAS seuls échouent souvent à long terme car les tumeurs trouvent rapidement d’autres voies de survie. L’étude montre qu’en bloquant simultanément plusieurs « voies d’échappement » moléculaires, il est possible de surmonter ce mécanisme d’adaptation.
Malgré ces résultats extrêmement prometteurs chez la souris, les auteurs soulignent que la transposition chez l’humain reste à confirmer et que des essais cliniques seront nécessaires pour évaluer la sécurité et l’efficacité de cette combinaison chez des patients atteints de PDAC. Toutefois, ces données précliniques ouvrent une piste importante pour le développement de nouvelles thérapies anticancéreuses plus efficaces et durables contre l’un des types de cancers les plus difficiles à traiter.


