Des médecins suisses plaident pour l’introduction d’un programme national de dépistage du cancer du poumon, entièrement pris en charge par l’assurance maladie. Dans le sillage d’un projet pilote lancé dans le canton de Vaud, une demande officielle a été déposée auprès de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) afin d’étendre ce type de dépistage à l’échelle du pays.
Depuis 2024, près de 1000 personnes à risque participent à ce programme vaudois mené par Unisanté et le CHUV. Il s’adresse aux 50–79 ans ayant un lourd passé tabagique. Chaque participant bénéficie d’un scanner thoracique annuel à faible dose, permettant de repérer précocement des nodules pulmonaires susceptibles de correspondre aux premiers stades de la maladie.
Dans 10 à 15 % des cas, une anomalie est détectée, le plus souvent surveillée par imagerie. Seule une minorité nécessite des examens plus invasifs. Ce suivi permet surtout d’identifier des cancers à un stade précoce, moment où la chirurgie et la guérison restent possibles.
Le cancer du poumon touche environ 4800 personnes par an en Suisse et cause près de 3300 décès. Les études européennes et nord-américaines montrent que le dépistage permet d’en détecter jusqu’à quatre fois plus à un stade précoce, avec un taux de survie à cinq ans pouvant atteindre 70 %, contre environ 30 % tous stades confondus.
Pour les pneumologues impliqués, l’enjeu est désormais national. Ils appellent à un cadre fédéral commun, afin d’assurer des standards de qualité, de coordonner les pratiques et de permettre aux cantons intéressés de déployer des programmes remboursés. L’objectif est aussi d’intégrer systématiquement le sevrage tabagique, moment clé où les personnes sont plus réceptives à l’arrêt du tabac.
Alors que plusieurs pays ont déjà mis en place ce type de dépistage, la Suisse pourrait rejoindre un mouvement international visant à transformer le cancer du poumon d’une maladie souvent diagnostiquée trop tard en une pathologie détectée à temps et potentiellement curable.


