Des chercheurs ont identifié la méthyltransférase d’histones KMT2D comme un acteur central dans la plasticité des cellules cancéreuses et leur réponse aux thérapies, en particulier dans les formes résistantes du cancer de la prostate. L’étude montre que KMT2D régule l’accessibilité de la chromatine et le paysage transcriptionnel permettant le fonctionnement de facteurs de transcription essentiels, comme le récepteur des androgènes et FOXA1, dans les cellules dépendantes de ce signal.
Dans les cancers de la prostate résistants à la castration (CRPC), où les tumeurs échappent aux traitements hormonaux usuels, KMT2D influence également l’identité des cellules et le maintien de sous-types tumoraux spécifiques. Elle contrôle l’activité de voies transcriptionnelles (notamment AP-1) qui soutiennent des états cellulaires mixtes et favorisent la progression tumorale.
Des données issues d’analyses en transcriptomique unicellulaire et des essais combinés suggèrent que la suppression conjointe de KMT2D et de la voie PI3K/AKT diminue significativement la prolifération des cellules cancéreuses et des organoïdes dérivés de patients, tant dans les sous-types dépendants des androgènes que dans les formes plus indifférenciées. Cela met en lumière le rôle de KMT2D non seulement dans la survie des cellules tumorales, mais aussi dans leur adaptation aux pressions thérapeutiques.
Au-delà de ce contexte spécifique, KMT2D est une enzyme épigénétique qui methylate l’histone H3 sur la lysine 4 (H3K4), contribuant à l’activation de régions régulatrices du génome impliquées dans la différentiation, le métabolisme et la suppression tumorale. Les mutations ou l’altération de son expression sont observées dans plusieurs types de cancers et sont associées à une reprogrammation épigénétique favorisant la croissance tumorale.
Ces résultats renforcent l’intérêt de cibler KMT2D ou ses voies associées comme nouveau levier thérapeutique, notamment dans les cas où les tumeurs développent une résistance aux traitements standard.


