Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) va utiliser une technologie innovante qui repose sur un gel contenant de l’hémoglobine extraite d’un ver marin pour améliorer la prise en charge des patients gravement brûlés. Cette approche fait suite à l’incendie de Crans-Montana, où certains grands brûlés nécessitent des soins particulièrement complexes et des solutions nouvelles en matière de cicatrisation.
La technologie provient de l’entreprise Hemarina, spécialisée dans les transporteurs d’oxygène inspirés de l’hémoglobine du ver arénicole (Arenicola marina), qui permet de transporter beaucoup plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine tout en restant compatible avec les tissus humains. Ce gel, intégré dans des pansements spécifiques, facilite l’apport local d’oxygène aux zones de brûlure, ce qui est crucial pour la survie cellulaire et la cicatrisation, surtout lorsque les vaisseaux sanguins superficiels sont détruits par la brûlure.
Ce traitement avait déjà été utilisé dans d’autres hôpitaux en France en usage compassionnel, avec des résultats jugés prometteurs en termes de cicatrisation pour des patients souffrant de brûlures étendues. Grâce aux dispositions réglementaires permettant l’accès à des dispositifs non encore commercialisés dans des situations d’urgence vitale, le CHUV a pu se procurer ce gel pour traiter des patients brûlés graves en Suisse.
Des études préliminaires indiquent que ces pansements à base d’hémoglobine de ver marin peuvent améliorer l’oxygénation locale des tissus, favoriser le processus de régénération et réduire le besoin de greffes de peau ou d’interventions supplémentaires. Néanmoins, des recherches cliniques supplémentaires sont nécessaires pour confirmer leur efficacité à grande échelle.


