Variations génétiques et échec des médicaments anticancéreux : pourquoi certains traitements ne fonctionnent pas chez tous les patients

Variations génétiques et échec des médicaments anticancéreux : pourquoi certains traitements ne fonctionnent pas chez tous les patients

Les différences génétiques entre patients expliquent en grande partie pourquoi certains médicaments anticancéreux sont efficaces chez certains individus mais échouent chez d’autres. Cette variabilité provient notamment de mutations ou de variations héritées dans des gènes codant des enzymes, des récepteurs ou des transporteurs impliqués dans le métabolisme, la reconnaissance ou la cible des médicaments.

Ces différences génomiques influencent la façon dont un médicament est absorbé, distribué, métabolisé et éliminé par l’organisme (pharmacocinétique), ainsi que la manière dont il interagit avec sa cible moléculaire (pharmacodynamie). Par exemple, des altérations dans des gènes comme TP53, KRAS ou EGFR peuvent rendre certaines tumeurs résistantes à des inhibiteurs spécifiques conçus pour bloquer ces voies. De plus, des mutations dans des gènes de réparation de l’ADN peuvent diminuer l’efficacité des médicaments qui ciblent des cellules à division rapide, car ces cellules peuvent contourner l’effet souhaité.

Un autre facteur clé est l’existence de polymorphismes génétiques chez les patients qui modifient l’action d’enzymes du foie (comme les cytochromes P450), responsables de l’activation ou de l’inactivation de pro-médicaments anticancéreux. Ainsi, deux patients recevant la même dose d’un médicament peuvent avoir des concentrations très différentes de la forme active dans le sang, ce qui influence l’efficacité et les effets secondaires.

Cette variabilité génétique est à l’origine du mouvement croissant vers la médecine personnalisée (precision medicine) en oncologie, qui consiste à adapter les traitements en fonction du profil génétique de la tumeur et du patient. L’utilisation de biomarqueurs prédictifs permet aujourd’hui de mieux sélectionner les patients susceptibles de bénéficier d’un traitement particulier, réduisant ainsi les échecs thérapeutiques et les effets toxiques inutiles.

En pratique, des tests génétiques préalables à la prescription sont de plus en plus courants pour des thérapies ciblées ou des immunothérapies, afin de maximiser les chances de succès et d’éviter des traitements inefficaces. Cela reflète l’importance croissante de la pharmacogénomique — l’étude des interactions entre variations génétiques et réponses aux médicaments — dans l’amélioration des résultats anticancéreux.

En savoir plus

Leave a reply