Philosophie numérique

Philosophie numérique

La philosophie des académies est dépassée par le changement technologique. Les langages de transport de la pensée classiques ne parlent pas le numérique. Obsolète, désuète, muette, la philosophie du penseur de vitrine ne fera bientôt plus recette. Le selfie prend la place d’Epicure. L’électron celle de Platon. Le texto celle de Victor Hugo. Le cloud celle de Sénèque.

Et pourtant un grec ancien avait dit, l’univers est fait de matière et de vide. Intéressant. Le robot rhétorique exprime ses messages en traits et en ronds. Il y a un point Eurêka de comparaison. La matière et le vide, c’est comme le trait et le rond. Le chemin et le trou. Le visible et l’invisible. Ce qui est, et ce qui n’est pas. Le travail et l’oisiveté. Penser ou ne pas penser. Transformer ou paralyser.

Procaryote l’ancien avait dit, seul je ne suis rien. Quelques milliards d’années plus tard Procaryote le jeune nous dit, je me multiplie donc je suis. Plus je me multiplie et plus je suis. Spinoza c’est dépassé, le philosophe nouveau c’est spin-data. Le moment cinétique d’un ensemble de données. Un rayon de lumière. Un trait de photons dans une même direction. La pensée des étoiles éblouit celle de l’homme. Après les âges de la pierre et du carbone, retour à l’âge du rien.

L’ivresse du mouvement donne vie à la chute dans le néant. Nietzsche est mort. Combien d’immenses génies ne reviendront pas. Chaque trait est un pas de progrès. Alors alignons les traits, les traits c’est le mouvement vivant. Jusqu’au prochain rond, où l’esprit va tourner en rond.

La philosophie numérique c’est l’algorithme de la vie. Elle divise l’humanité en deux populations, celle du trait, et celle du rond. Celle de la matière et celle du vide. Celle de la gomme à effacer et celle du crayon. Dans l’arène, le choix appartient à César, la vie ou la mort.

Ailleurs, notre survie dépend des bons joueurs. Les Galilée, les Archimède, les Socrate, les empêcheurs de tourner en rond.

Pécub

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