Après 10 ans de Présidence au service de BioAlps, je me réjouis de poursuivre mon action à destination de la Health Valley

Après 10 ans de Présidence au service de BioAlps, je me réjouis de poursuivre mon action à destination de la Health Valley

Peu nombreux sont ceux qui savent que BioAlps est née de la volonté de promouvoir non pas une région, mais des innovations issues de trois hautes écoles : l’EPFL, l’UNIGE et l’UNIL. J’ai eu personnellement la charge du projet pour l’EPFL et plus précisément le SRI, son service de relation industrielle ou Technology Transfer Office (TTO). Nous avons dû au départ créer le vecteur, fédérer des énergies, susciter l’adhésion de nos directions. Cela sera chose faite. Les trois bureaux de transfert de technologies (SRI, PACTT, UNITEC) se mobilisent soutenus par les hôpitaux cantonaux (CHUV et HUG) et le réseau suisse d’innovation (SNI-RSI) porté par l’ancien président de l’EPFL, le professeur Jean-Claude Badoux dont la volonté était de soutenir les synergies entre entités de valorisation helvétiques. La Suisse est trop petite pour ne pas collaborer, sa masse critique elle le doit à tous ses acteurs, sa force à sa diversité. L’objectif qui fut posé était BIO 2001.

La convention BIO représentait sans conteste la place de marché la plus importante de l’innovation biotech. Y être signifiait exister ! Sa dimension était encore acceptable et il était possible d’y croiser CEO, responsables de l’in-licensing de quasi tous les groupes pharmaceutiques et biotechnologiques.

Réalisant le potentiel de la dynamique créée par l’effort commun de construction de BioAlps dans sa vocation première de transfert de technologie, les promotions économiques vaudoises et genevoises suggèrent de pérenniser et financer l’initiative, la transformant en un programme de promotion sectorielle. Ils constitueront une association qui sera portée par le Canton de Vaud (canton leader), positionnant le secrétariat général dans les locaux de l’OPI (office de promotion industrielle) à l’aéroport de Genève. Les partenaires académiques resteront associés, mais la mission de transfert de technologie est fortement diluée se résumant à la participation à la convention BIO US. Au vu du ton très marqué «  promotion régionale », je me concentre sur mes initiatives, la croissance de la faculté des sciences de la vie à l’EPFL et le projet Eclosion qui murit. Un Président est nommé, M. Philippe Sordet chef du service de l’économie du canton de Vaud. Dès 2003, BioAlps poursuit son extension géographique, les cantons de Fribourg, Valais, Neuchâtel rejoignant l’initiative. Puis ce sera aux cantons de Berne et du Jura, couvrant désormais la même extension que le champ d’action de la CDEP-SO, la conférence des chefs de département de l’économie de Suisse Occidentale. C’est en 2008 que Philippe Sordet me contacte pour me demander de reprendre la présidence afin de redonner à l’association du «contenu». J’étais alors pleinement absorbé par une deuxième levée de fonds pour Eclosion, mais j’accepte, moyennant le fait que le comité s’implique et serve de relais cantonaux, n’ayant pas le temps de couvrir les aspects de politiques cantonales. Mon premier plan d’action stratégique date de fin 2008 et se résume en trois axes : renforcer la visibilité, la lisibilité et l’utilité de BioAlps, avec comme objectif de faire de l’association le partenaire privilégié et incontournable du monde des sciences de la vie de Suisse occidentale. Le programme est revu et renforcé, adapté aux besoins des membres du réseau. De nouveaux outils de communication, des événements de networking – BioAlps Networking Day, 4 à 6, les prix BioAlps, le renforcement de l’action de l’association à l’international, et le tissage progressif des liens avec l’industrie furent créés. Ces initiatives eurent pour conséquences des sollicitations sans cesse grandissantes et une reconnaissance confirmée par les nombreux témoignages tant de la part tant de nos partenaires que des participants à nos actions. L’image de notre association, résultant de l’impact et de la pertinence de notre soutien à ce secteur dans la région, en fait rapidement le partenaire de choix de toute activité liée aux sciences de la vie.

Dix années plus tard, je termine cette mission avec la même vision, et la même ambition de voir grandir cette région qui a un potentiel immense et de l’accompagner toujours plus loin à travers la Health Valley. Merci à toutes celles et ceux qui m’ont accompagné durant ces dix années dans le cadre de BioAlps à commencer par le secrétariat général et le comité de l’association. Mes deux plus beaux souvenirs resteront certainement le lancement du prix BioAlps en 2006 que je proposais pour remercier les personnes s’engageant à nos côtés et pour mettre en lumière les personnalités extraordinaires qui font cette région, ainsi que l’organisation de job fairs destinés aux quelques 1500 employés de Merck Serono qui perdirent leur emploi quand cette société décida de fermer son siège genevois. Aider notre communauté, a toujours été mon aiguillon et accompagner ces talents vers des entreprises régionales, dont l’engagement avait été extraordinaire dans la mise en œuvre de ces journée, une initiative aussi valorisante qu’avec un réel impact pour le développement de notre région.

Parmi les détails qui sont parfois révélateurs, ma nomination en tant que président de BioAlps se fit à l’occasion d’une assemblée générale organisée chez Merck Serono, et mon départ dans le cadre de celle qui prit place chez Ferring. Le deux sont actives dans la fertilité… n’est-ce pas ce que nous visons : faire éclore des projets en leur donnant accès au formidable humus régional que nous cultivons et surtout donner du fruit pour conserver notre leadership régional.

Je me réjouis de suivre et soutenir la dynamique qui sera mise en place par le nouveau comité de BioAlps. Mais mon engagement pour la région ne s’arrête pas. Je poursuis mon action en l’enrichissant de nouvelles directions liées à l’évolution très rapide du secteur, poussée par des business models vieillissants et tirée par de nouvelles opportunités technologiques immenses, notamment autour des technologies de l’information, qui changeront profondément le visage de notre région d’ici à 10 ans.

Et cet engagement, je compte bien le poursuivre avec vous tous en investissant mon énergie dans l’essor de la Health Valley à travers ma position de président de la Fondation Inartis, qui pilote cette initiative. Liant des forces humaines régionales, la Health Valley s’appuie sur les leaders représentant nos institutions de recherche et entreprises. Elle concourt au développement des sciences de la vie dans un souci de création de valeur économique et d’emplois.

Si les actes sont individuels, le succès ne peut être que collectif. C’est dans cet esprit que la Health Valley s’emploie à fédérer les initiatives, établir une masse critique, en forgeant une ambition commune et en rassemblant les énergies qui la portent.

Benoît Dubuis

Mai 2018

1 Comment

  1. Stephan Bregy - May 31, 2018

    Bonne continuation er bravo pour le chemin parcouru!

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